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Visa for Panama

Posted by on 20 juillet 2007

Jeudi matin 7h30. Je m’etais jure de ne plus me lever a des heures impossibles pour bouger de villes en villes et, jusqu’a present, j’y arrive.

Apres une rapide douche pendant laquelle je manque de me faire griller comme une vulgaire sardine (quelques fils electriques apparents souhaitant visiblement participer a mes ablutions…), je me dirige vers la gare des bus de Cahuita, direction Sixaola, le dernier village CostaRicain avant le Panama. Je laisse Julie a l’hotel, elle prefere remonter vers le Nord pour aller voir l’Arenal, endroit ou j’ai passe le debut de mon sejour.

2 petites heures passees a longer la cote des Caraibes avant de rentrer dans les terres. A part a Cahuita et a Puerto Viejo, il n’y a pas des masses de gens qui vivent sur cette cote.

Aux alentours de 11h00, je pose mes sacs dans la gare routiere de Sixaola. Un jeune panameen m’alpague, se proposant pour me guider dans les formalites necessaires au franchissement de la frontiere. Je ne dis pas non, sachant que, meme face a un refus de ma part, il m’accompagnera dans tous les cas jusqu’a mon taxi panameen.

Pour franchir la frontiere entre le Costa Rica et le Panama, il suffit de traverser un vieux pont metallique enjambant le Rio Sixaola. A chaque extremite du pont, les bureaux de l’immigration, ou je m’arrete pour faire composter mon passeport. Au milieu du pont, une petite plaque metallique indique le passage d’un pays a l’autre. Les Panameens etant une heure en avance par rapport au Costa Ricains, il me faut attendre une petite heure que leur pause dejeuner soit finie.

S’ensuit un petit trajet en van jusqu’au point d’embarquement pour l’ile de Bocas del Toro, situee a 45 minutes de la cote. Dans un petit hors bord, la traversee commence par un parcours au sein de la mangrove bordant la mer. Les paysages defilent a toute vitesse, le soleil brille, il fait bon, j’ai hate d’arriver.

Afin d’entrer au Panama, il convient d’etre en possession d’une quantite non negligeable d’especes liquides. Prevoyant, je me lance dans l’aventure avec 40 US dollars en poche, la ou, selon la loi, il m’en faudrait au moins 250. Optimiste de nature, je me dis que je trouverai bien de quoi me renflouer une fois sur Bocas. Je sais qu’on y trouve une banque, et suis quasi certain qu’elle disposera de toute l’armada necessaire afin de permettre aux touristes de dilapider leurs modestes economies.

Une fois sur la terre ferme, je me pose dans un petit hotel situe au bord de l’eau. La plupart des constructions sont sur pilotis, et chaque etablissement dispose d’un ponton permettant au taxi-boat de s’y amarrer. Apres quelques negociations avec la receptionniste de l’hotel, j’arrive a degoter la chambre la moins chere de l’hotel. En en prenant possession, je comprends pourquoi. Petite et sombre, je fais mon entree dans un dortoir pour cafards. Ces derniers detestant la lumiere, je me la joue stade de foot, braquant l’ampoule sur ce que je pense etre leur acces a mon humble demeure, et bouche a l’aide de PQ les nombreux orifices presents dans les murs. Au pire, ca me fera un peu de compagnie si je me sens seul pendant la nuit…

La ville de Bocas en tant que telle est plutot sympathique, et la vue de mon ptit ponton est tres agreable. Au nord de l’ile se trouvent les plages de sable blanc, sur lesquelles je compte m’echouer lamentablement cet apres-midi et demain. Ca va rougir, ca va cramer, ca va noircir…

Apres avoir un peu pris mes marques dans ce nouvel environnement, je me dis qu’il est plus que temps de renflouer mon portefeuille. Direction la banque, le distributeur, l’insertion de la carte dans l’appareil, la composition du code et… THE trou de memoire ! Incapable de me souvenir de mon code VISA. Premier essai, deuxieme essai, troisieme essai… Une evidence, il n’y a pas de code PUK sur les cartes VISA. Ma carte ainsi bloquee, je me dis qu’il me reste toujours ma carte de debit… Refusee… La possibilite de changer mes euros a la banque ou dans un bureau de change… Refusee… Le US dollars est roi au Panama, l’Euro n’est pas encore pret pour y faire son apparition.

Apres avoir fait rapidement mes comptes, il me reste tres exactement 7 dollars pour vivre jeudi soir, vendredi, samedi et dimanche matin. C’est un peu limite, l’hotel me coutant 30 dollars pour les nuits restantes et la taxe pour quitter le pays s’elevant a 20 dollars… Me voila donc completement a sec, bien qu’encore riche en euros et en possession de ma carte de debit.

La pression monte. Me voila face a un mur. Plus d’argent et trois jours a vivre. Une fois au Costa Rica, il me sera possible d’effectuer de nouveaux retraits, mais d’ici la… J’envisage brievement de demander l’asile a la police locale, la fraicheur d’un cachot restant une meilleure solution que de dormir dans la rue (et avec un peu de chance, Scoffield pourrait etre mon compagnon de cellule). Je mets de cote le braquage de la banque ou de tout autre commerce, trop risque et mes chances de fuites et de survies sont plus limitees sur une ile que sur le continent… J’observe les chantiers en cours, me disant qu’au pire, je peux squatter un batiment en construction l’espace de deux nuits, sans deranger personne. L’agression d’une petite vieille dans la rue ? J’y ai pense aussi, mais vu la chaleur qu’il fait ici, il est probable qu’elles aient encore plus de capacites physiques a resister a mon assaut, et qu’elles iront certainement plus vite que moi…

Aux alentours de 21h00, et apres avoir retourne la situation sous tous les angles possibles et imaginables, je decide de contacter Paps & Mams, duo de choc residant en Belgique et probablement en mesure de m’aider. Ils prennent contact avec mon assureur, et me disent que ce dernier m’appelera ce vendredi.

Ce matin premiere heure, je recois effectivement un appel de ce dernier. Il me met en contact avec un bureau de Miami, qui me guide a travers toutes les etapes necessaires a la restauration de ma solvabilite. L’ensemble de la procedure prend quelques heures et a 14h00, je suis de nouveau riche comme cresus (et surtout tres soulage…).

Etre sans le sou est une situation particulierement stressante, surtout sur une ile ou seule la VISA est reine… La prochaine fois, je me tatoue mon code sur la fesse gauche, de maniere inversee, afin de pouvoir le lire a l’aide d’un miroir…

Quoiqu’il en soit, tout est bien qui finit bien, et j’aurai encore la possibilite de dormir avec mes amis cafards cette nuit.

Et rien que ca, ca emplit mon coeur de joie ;o))).

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