Après avoir passé une bonne nuit confortablement installé sur un assemblage de 5 sièges individuels, je quitte les bras de Morphée vers 5h00 du matin pour constater que, endormi seul, j’avais été rejoint dans le courant de la nuit par une voiturette de golf et quelques autres passagers. Une petite bouffée d’air frais et deux doses de nicotines plus tard, je repasse pour la énième fois la sécurité et j’attends l’embarquement de Republic Airlines. 7h00 : embarquement. 7h29, fermeture de la porte de l’avion. 7h42, immobilisation de l’appareil sur le taxi après 13 minutes de roulage. Attente… Le commandant décide de prendre le micro… Suspense… Après le blabla d’usage, nous apprenons qu’un des instruments indispensable à notre sécurité vient d’afficher un message d’erreur. La solution paraît simple : on coupe les moteurs, on attend un peu et on redémarre en espérant que tout rendre dans l’ordre. Après la journée de la veille, j’ai le vague sentiment que ce n’est pas ça qui va arranger le problème mais bon, le commandant étant le seul maître à bord, je m’abstiens de tout commentaire même si intérieurement, je pouffe.
Dix minutes se passent. Le commandant revient : le premier message d’erreur a disparu, mais un second s’est manifesté. A ce rythme là, on n’est pas prêt de quitter le tarmac… Une deuxième solution nous est alors présentée : on retourne à la Gate, on fait monter trois techniciens et on prie pour qu’ils trouvent l’origine des messages. Dans le même temps, on refera le plein de kérosène parce que bon, 26 minutes sur le tarmac, ça vous vide un réservoir.
Un bon 45 minutes plus tard, la voix suave du Maître se refait entendre. Apparemment, quasi tout devrait refonctionner normalement. Notons le « quasi » et l’usage du conditionnel, aucun doute, ça rassure quand à la suite du programme. Ajoutons à cela les propos du commandant du vol BRU-PHI qui, nous expliquant que notre avion était passé d’une 767 à un 757, avait cru bon de préciser que nos réservoirs étaient pleins à ras bord vu que la distance de notre trajet était dans les limites du champ d’action de notre Boeing, et on comprendra que les pilotes des compagnies américaines transpirent d’honnêteté et de franchise ! En cas de crash, rien à leur reprocher, on était prévenu !
Qu’à cela ne tienne, c’est vers 11h00 du matin que j’atterris à Montréal. Rapide passage à la douane et je déboule dans le hall des arrivées. Toujours un peu dans le pâté, je ne distingue pas Caro et Ced bien enfoncé dans leurs fauteuils. Sans doute pris de pitié par mon air hébété face à l’inconnu, et après s’être dirigé vers moi, direction le parking où nous décapotons la Chrysler Lebaron avant de rejoindre le Belgium Squat sur le plateau de Montréal.
Une papote, un brunch et une douche (!!!) plus tard, j’entame une balade avec Caro pour rejoindre le Belvédère du Mont Royal pendant que Ced récupère de sa nuit blanche de la veille. Le quartier du Plateau, bobo et trendy, est propice à la flânerie. Petites maisons, rues à sens unique et arborées, escaliers en façade, l’entrée en matière est détendue et malgré l’effort intense que nécessite l’accès au Belvédère, la récompense qu’offre la vue sur l’île est splendide. Les couleurs de l’été indien sont bien présentes, et ce poumon vert au cœur de la ville devient vite l’un de mes endroits préférés.
Suite à cela, retour au squat, et direction Saint-Charles de Mandeville avec Ced. Nous y rejoignons Antoine, son coloc, et deux de ses amis dans un petit chalet perdu au milieu des bois. Longues routes à deux bandes, nous traversons champs de maïs et autres avant d’arriver dans les environs du chalet. On tâtonne un peu et après quelques hésitations sur la direction à suivre, nous garons la Lebaron à côté de l’étang qui borde le chalet. La soirée se déroule dans une ambiance bonne enfant, le feu s’active dans la cheminée et une bonne fondue au fromage arrosée de quelques Rickards précèdent le début d’une longue série de Wanted !, jeu qui animera une bonne partie du week-end !