Il y a 43 ans, le plan Manhattan était présenté. Son but : construire 70 immeubles-tours (dont la moitié dépasse 65m de hauteur et 5 les 135m) sur une superficie de 53 hectares. Reliées entre elles par des passerelles, cerclées de véritables autoroutes urbaines, elles devaient faire des environs de la gare du Nord, elle-même relookée, un « Manhattan bruxellois » et renforcer, entre autre, Bruxelles dans sa position de nombril de l’Europe. Nécessitant l’expulsion de 12.000 personnes environ, ce projet a été revu après la construction de la première tour du WTC et, modifié, n’est toujours pas complètement réalisé à ce jour.
On est bien d’accord, je raccourcis là de manière phénoménale un projet vaste, aux subtilités nombreuses (tant politico-économiques que sociales) mais je suis malheureusement loin d’être expert en la matière.
Cependant, depuis quelques mois, j’ai été pris d’un regain d’intérêt pour cette partie de l’histoire de Bruxelles. Peut-être parce que je vis dans le grand Nord ou peut-être aussi parce que, après moultes discussions avec mon padre, il a ressorti (numérisé plutôt) le roman qu’il avait écrit à ce sujet et qui mettait en scène les bouleversements de ce quartier. Peut-être aussi parce que, à l’époque, il avait collaboré à la création d’un document plutôt conséquent (près de 1000 pages) analysant tous les événements-intérêts-chamboulements qu’avait suscité la mise en place de ce plan, s’attachant aux ravages qu’une telle entreprise avait eu sur le tissu social d’un quartier vivant et toujours dynamique. Et certainement parce que, suite à ces discussions, je lui ai suggéré de rendre ce document accessible au format numérique, la première version ayant été tapée sur une machine IBM du début des années 70.
Bref, cela fait maintenant un petit temps qu’on implémente tout ça et les premières briques (comprenez pages) commencent à s’assembler tout doucement, en espérant qu’il ne nous faille pas aussi une quarantaine d’années avant d’arriver au bout de ‘notre’ plan Manhattan ;o).
Pour ceux qui auraient envie de se plonger dans la prose paternelle et découvrir la vie de Jérôme, futur expulsé de l’impasse des Fleurs, ils peuvent me faire signe. Pour ceux qui se sentiraient pris d’un intérêt irrépressible pour l’ouvrage final en cours de numérisation, pareil !
Et en attendant, un petit détour sur le site de Belgeoblog peut s’avérer intéressant. Au menu : la superposition de photos aériennes du quartier Nord prises par le Ministère des Travaux Publics en 1953 sur la carte Google Maps, ainsi que quelques clichés d’époque… Avant… Après…
Depuis déjà quelques années, nos amis ricains ont la chance de pouvoir faire joujou avec le Kindle, ce livre électronique développé par Amazon. Stockant un nombre impressionnant d’ouvrages, ce petit appareil offre également la possibilité de les télécharger quasi instantanément 24/24, 7/7 via leur Kindle Book Store (+ de 200.000 références, principalement anglophones). Grande nouvelle de la deuxième partie de ce mois d’octobre, le Kindle déboule dans une centaine de pays, dont la Belgique.
Parallèlement au Kindle, Sony a lancé son PRS-600. Même principe, on télécharge ses ebooks quand on veut et où on veut. Grand avantage : là où le Kindle se nourrit uniquement de ce que vend Amazon, Sony joue la carte de l’ouverture en traitant différents types de fichiers (EPUB, PDF, DOC, TXT,…) et donne ainsi à l’heureux propriétaire du PRS le choix de s’approvisionner où bon lui semble, chez Sony, Google ou autre.
Sachant cela, et après un rapide tour sur le site de la Fnac, je me suis rendu compte qu’une partie de notre littérature francophone était dorénavant disponible. Trouvant l’objet séduisant tant par le fait qu’il permet de se balader tranquillement avec une dizaine de bouquins sous le coude et ayant peut-être un vieux réflexe écologique (j’ai tendance à croire que la production d’un ebook doit quand même moins polluer que l’impression, la distribution et le recyclage des centaines de bouquins que l’on peut y stocker), j’ai commencé a regarder les prix des ouvrages disponibles, en me disant que forcément, et à l’image de la musique, ils seraient moins chers que leurs homologues papiers.
Et bien non, que nenni. Un exemple flagrant sur le site de la FNAC : le dernier Grange « La Forêt des Mânes » coûte 21,76 € pour la version sentant bon l’Amazonie, brochée et roulée sous l’aisselle. La version électronique quant à elle revient à… 20,50 € ! Pour une version faite de 0 et de 1…
Je suis persuadé que le monde de l’édition francophone est un milieu particulièrement difficile. Il faut être à même de produire une bonne dose de bestsellers pour se permette de récupérer les « erreurs » de publication ou les oeuvres un peu plus pointues et qui ne rencontreront qu’un lectorat restreint. Mais j’ai quand même du mal à comprendre la quasi absence de différence entre les deux versions d’un même ouvrage, surtout quand la deuxième me semble beaucoup moins vorace en termes de coûts de production et de diffusion…
Personnellement, ces pratiques tarifaires ne me donnent plus vraiment envie d’acheter ce type d’objet, alors que je reste intimement convaincu de leur utilité et du fait qu’ils représentent une révolution dans la manière de diffuser et de consommer les livres.
Cela fait des années maintenant que l’on nous rabâche les oreilles sur comment l’industrie du disque n’a pas su s’ajuster au numérique. J’ai l’impression que si l’industrie du livre ne se penche pas un peu plus sur la question, on risque rapidement de se retrouver dans une situation similaire mais avec des dégâts beaucoup plus importants sur la qualité de la production et l’étendue de l’offre…
Voilà le titre du livre de Jean Ziegler qui va rapidement tomber dans l’escarcelle de mon pouff…
Réalisée par Rue89, l’interview qui suit revient sur le dernier ouvrage de ce sociologue connu pour ses prises de position et pour les nombreuses polémiques qu’il a déclenchées. Il y évoque le réveil de la mémoire dans les pays du Sud, les nombreuses injustices peuplant le monde et l’impact qu’a et aura la crise financière que nous traversons actuellement.
Depuis 10 ans, les photos numériques s’accumulent sur mes disques durs. Durant toutes ces années, si j’ai imprimé une centaine de ces clichés, c’est déjà beaucoup. Vous me direz que ça fait économies mais en même temps, ce n’est pas toujours très funky de devoir sortir le portable pour montrer ses photos de vacances à la famille ou aux amis. Et par une longue nuit d’hiver, c’est somme toute fort agréable de pouvoir se plonger dans un vieil album sentant bon la poussière plutôt que de passer une heure devant son écran.
De temps en temps, je surfe donc à la recherche d’un service qui, outre l’impression classique, permettrait également de réaliser des albums directement. Pas de surprises, il en existe à la pelle, chacun disposant de son application, de ses formats et de ses tarifs.
Possédant probablement des goûts de luxe en la matière, tant au niveau de l’ergonomie de l’application que de la mise en forme de l’objet, je n’avais jamais trouvé un service qui me convenait. Soit les applications étaient diablement mal fichues, soit les albums proposés étaient ridiculement kitschs, soit les tarifs me paraissaient prohibitifs. Bref, j’ai toujours laissé cette envie en suspend.
Et au début de cette semaine, je me suis souvenu d’un site que j’avais visité en rentrant d’Argentine : Blurb.
Plus qu’un signe de satisfaction clôturant un copieux repas, Blurb a la particularité de proposer la création de livres sur base de textes ou de photos (on pense d’abord à l’objet), là où la plupart de ses concurrents font l’inverse (on imprime vos photos, peu importe si votre support est hideux).
Sur Blurb, le livre est au cœur du projet et tout a été mis en œuvre afin que ce dernier corresponde au mieux à vos attentes. Via BookSmart, l’application bureau, on dispose d’une multitude de mises en page pour agencer ses clichés, introduire du texte, des légendes,… le tout étant d’une simplicité déconcertante.
A travers sa communauté, il est également possible de se procurer les livres d’autres utilisateurs et même de vendre les siens en y incluant une marge bénéficiaire reversée par le site. L’ensemble du site est d’une clarté époustouflante et d’une ergonomie sans failles…
J’ai donc franchi le pas cette semaine en commandant un livre de 28 pages dans lequel j’ai inséré 77 photos de mon voyage à Varsovie en mars dernier. Le tout m’a pris deux heures et je suis arrivé sans trop de prise de tête au rendu que je souhaitais obtenir (pas de textes, mise en page simple, c’est plus pour le test…).
Couverture cartonnée et imprimée, sans jaquette, le tout pour 33 € avec les frais de port, je devrais recevoir mon exemplaire fin de ce mois. Si le tout s’avère concluant, il y a de fortes chances pour que je passe les 6 prochains mois à me balader dans mes photos histoire d’en commander d’autres…
Espérons que Blurb ne me reste pas en travers de la gorge et que la qualité du produit fini soit au rendez-vous (sinon j’efface ce post beaucoup trop enjoué ;o).
Je m’explique : en ouvrant mon mail ce matin, je suis tombé sur l’interview de ce qui semble être un éminent scientifique danois, travaillant dans le département chimie de l’Université de Copenhague.
Diffusée début de ce mois d’avril sur la chaine TV2, Niels Harrit nous explique que l’effondrement des Twin Towers et du WTC7 serait du à la présence de Thermite dans les bâtiments. Je vous passe tous les détails techniques (qui sont expliqués dans la vidéo ci-dessous) mais précise d’emblée qu’on ne parle pas ici de nos amies arthropodes.
Légèrement méfiant à l’encontre de la masse d’informations qui circulent autour du 9-11, j’entame une rapide recherche sur les informations recueillies.
Première constatation : l’article [PDF] publié par cette équipe de 9 chercheurs dans le Open Chemical Physics Journal ne semble rencontrer d’échos qu’auprès de la multitude de sites qui se sont constitués suite aux attentats du 11 septembre. Aucune source journalistique « mainstream » (terme retrouvé sur bons nombres de ces sites et forums) n’en fait l’écho, excepté nos amis danois (monsieur Niels étant originaire du pays de la Sirène).
Deuxième constatation : au sein de son équipe, on retrouve Steven Jones, scientifique américain qui avait déjà avancé cette hypothèse en 2005 et qui, petit à petit, avait perdu le soutien d’une partie de la communauté scientifique qui estimait que ses affirmations relevaient plus de la spéculation que de la rigueur chère à cette profession. Certains sites se sont d’ailleurs employés à démonter l’ensemble de ces dernières afin de démontrer leur caractère bancal.
Troisième constatation : pour ceux qui auront l’envie de se taper les 10 minutes de vidéo, il me paraît étonnant que certaines questions posées par le journaliste rencontrent des réponses si peu précises . Ainsi, quand le journaliste demande à monsieur Harrit la quantité de Nano-Thermites qui aurait été nécessaire à la destruction des 3 tours, sa réponse oscille entre 10 et 100 tonnes. Le tout en palettes, réparties sur plusieurs étages (voire à tous), ça laisse de la marge quand même.
Trouver des traces de cette substance dans les décombres du WTC et affirmer qu’elles sont à l’origine de l’effondrement de ces dernières est une chose mais, dans la manière dont c’est présenté, les approximations pratiques présentes dans l’interview me titillent légèrement l’hémisphère gauche.
Bref, on y croit ou on y croit pas. Mon c** restera probablement longtemps entre deux chaises et il y a fort à parier que la vérité sur le 11 septembre restera profondément enfouie au cœur de Ground Zero pendant longtemps… Dans tous les cas, et à mon sens, il convient de toujours garder un recul par rapport à la diffusion et à la consommation de ce genre d’hypothèses…
PS : si un danois parfait bilingue passe par ici, qu’il n’hésite pas à me confirmer l’exactitude des sous-titres.
Unyk, c’est votre carnet d’adresse online, le meilleur moyen de rester en contact avec tous vos amis/proches/inconnus. On y rentre toutes ses coordonnées et si un jour vous changez d’adresse ou de numéro de téléphone, tous vos amis sont prévenus. Chouette ! Utile ! Au bac le Filofax, plus besoin de PDA, tout est là sans rien faire…
Lors de l’inscription sur le site, Unyk vous donne la possibilité d’inviter tous vos contacts Facebook en une fois. Et comme on part du principe que tout nos amis/proches/inconnus sont sur Facebook, pas besoin de se casser la tête, on donne son login et son password et hop, tout le monde est invité à rejoindre leur plateforme.
Seul hic, et à mes yeux de taille et qui commence tout doucement à me courir sur le haricot, c’est que je suis inscrit sur UNYK (fallait bien que je voie à quoi ça ressemble). Et que malgré mon inscription, dès qu’un de mes amis/proches/inconnus les rejoint, ils continuent à m’envoyer un message d’invitation à rejoindre leur service, et ce directement dans ma inbox Facebook ! Dans ma naïveté légendaire, je considérais cette inbox comme encore vierge de SPAM et de messages inintéressants, seuls mes amis/proches/inconnus ayant la possibilité de m’y déposer un message.
Mais UNYK semble avoir trouvé le moyen d’y accéder directement et de la polluer ainsi de manière abusive, par l’intermédiaire de leurs nouveaux membres… Et ça, ça me bourre ! Pourquoi ne reconnaissent-ils pas directement les utilisateurs déjà présents pour les mettre directement en contact sur leur plateforme, comme la plupart des réseaux sociaux le font déjà ?
En résumé, si vous comptez vous inscrire sur UNYK à un moment ou à un autre, faites moi plaisir : décochez la petite case à côté de mon profil Facebook ou je risque de crucifier un pigeon mort sur votre porte d’entrée…
Ce mardi, j’étais chez Actiris… Oui je sais, juste l’enchaînement de ce sujet-verbe-complément circonstanciel de lieu fout les chocottes. Ça sent le chômage, l’ONEM qui rôde, les petites cartes qu’il faut glisser dans la boîte de son syndicat, l’incertitude, les lendemains qui déchantent et autres joyeusetés…
Mardi donc, j’étais convoqué ! Actiris avait mis les formes pendant mon absence, et ma secrétaire (entendez la madre) a eu beau leur répéter à de nombreuses reprises que j’étais loin loin loin, ils ont quand même trouvé utile de m’envoyer treize convocations pour une réunion qui s’annonçait de la plus haute importance et dont le sujet était : un jour, le méchant ONEM va vous convoquer, soyez prêts !
Faut dire qu’on a de la chance d’être ainsi épaulé. Le luxe de la démocratie et du Welfare State où tout un chacun trouve un brin de soutien et d’encadrement… quand tout fonctionne bien.
Je suis ce que l’on pourrait appeler un fervent adepte de la théorie du grain de sable et de la loi de Murphy (les deux vont souvent de paire !). Tout le monde connaît Murphy, le grain, c’est encore autre chose. En deux mots et pour faire bref, le grain de sable est ce petit importun qui vient s’immiscer dans une procédure généralement administrative et donc fastidieuse et qui fait capoter l’ensemble de la démarche, postposant son issue à A+10 ou la rendant d’un coup inextricable. Le plus souvent, réussir à s’en extirper relève du challenge olympique et un cul-de-jatte aurait plus de chance de gagner le 100 mètres à Pékin que de s’en dépêtrer.
Pour illustrer mon propos, rien de tel que deux petits exemples, dont un est issu de ma propre expérience :
- En tant qu’ancien indépendant, j’ai eu le privilège de payer mes cotisations mutuelles au prix fort pendant quelques années. Le jour où j’ai voulu quitter ce statut ô combien soutenu et encouragé par nos politiques, il a fallu 6 mois à ma mutuelle (pourtant d’une couleur qui se veut proche de la plèbe – j’aime les paradoxes) pour comprendre que j’étais chômeur. 6 mois où il vaut mieux ne pas tomber malade et où la demande de remboursement de prescription s’avère complexe. Heureusement que mon antenne locale était là pour m’expliquer que le siège décroche rarement son téléphone, que le dossier finira bien par passer un jour et que de toute façon, on ne sait rien y faire… Et pour les relances portant sur les cotisations n’étant plus d’actualité, fichtre, au bac… Il n’empêche, ça frustre.
- Lors de cette splendide séance d’information chez Actiris, trois grains de sables ont pris la parole, malgré le fait que clairement, nos informateurs ne seraient d’aucune aide. Parmi les cas les plus flagrants, notons celui de Georges (ainsi prénommé par défaut), possédant une boîte aux lettres au CPAS de sa commune et n’ayant jamais reçu les convocations d’Actiris, jusqu’au jour où l’un des préposés lui a remis un paquet énorme de courrier en lui disant « Hé bien monsieur Georges, on en a du courrier en un coup hein dites ! Faut pas demander si vous étiez sur Facebook. C’est gai d’avoir plein d’amis comme ça »… Monsieur Georges passait toutes les semaines pour relever son courrier. Rien pendant des mois et là, hop, par magie, les convocations, toutes d’un coup. Autant vous dire qu’entretemps, monsieur Georges s’était fait virer de chez Actiris pour non réponse, s’était pris l’ONEM dans la tronche et que les sanctions n’avaient pas tardé… Et quand Georges tentait d’aborder la question des responsabilités, autant vous dire que les grains de sable s’étaient transformés en plage espagnole à marée basse et que pour trouver une solution, autant tenter de sortir de sables mouvant avec un bloc en béton arrimé aux chevilles plutôt que de rester éveillé en attendant de tomber sur le bon interlocuteur au sein du dédale téléphonique des « je vous passe le bureau 230-432-453-235-544-retour 230 ha mais non hein-678-bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de… tuuuut, tuuuuut, tuuuuuut,…
Depuis ces différentes illustrations de ma théorie, c’est décidé, je ne mettrai plus jamais les pieds sur une plage… ou alors de sable blanc… au moins c’est beau… quoique…
Ca y est ! Je l’ai eue cette petite boule du retour. Celle qui vous fait comprendre et réaliser que vous êtes bien là, assis dans l’avion qui vient de decoller. La sournoise qui vous dit « Fini, over, tu rentres ».
Une chose est sure : ces trois mois resteront indélébilement gravés dans ma mémoire. L’une des plus belles expériences qu’il m’a été donné de vivre jusqu’à présent (restons optimistes, il y en aura d’autres).
Je mentirais en disant que je n’ai pas quelque peu appréhendé mon départ en février. Les premières minutes après avoir franchi la douane belge m’ont trouvé hésitant, confus. Comme au retour, la même boule mais qui cette fois vous susurre « Mais qu’est-ce que tu fous ». On laisse derrière soi les gens qu’on aime, ceux qui vous font progresser pour tenter l’aventure seul et loin. Heureusement, celle là ne reste pas bien longtemps et le voyage et ses perpectives reprennent vite le dessus.
Le ressenti après ces trois mois reste difficile à exprimer. L’alternance entre des périodes de solitude et de contacts sociaux prolongés m’a semblé plus que bénéfique. La solitude ne m’a jamais réellement dérangé (l’avantage d’être fils unique) mais la compagnie d’autres voyageurs s’est parfois révélée indispensable pour garder un mental de winner. Etre seul, dans sa chambre ou dans un bus, est quelque chose que j’ai apprécié. Cette sensation retrouvée de pouvoir cogiter, de laisser son esprit vagabonder dans toutes les directions sans pression ni contrainte procure une sensation de liberté enivrante. Liberté de penser ou pas, de méditer ou de contempler, un luxe que je ne m’étais que rarement octroyé auparavant (non, je ne compte pas devenir moine ou me retirer dans un ermitage quelconque). Et force est de constater que cela m’a fait un bien fou !
J’étais parti sans réels objectifs si ce n’était celui de voyager et de découvrir des pays qui m’attiraient depuis longtemps. Certains partent parce qu’ils veulent trouver un sens à leur vie, des réponses à des questions existentielles qu’ils se posent depuis longtemps. J’avais fait le choix de laisser tout cela derrière moi, pas de considérations en tête afin de ne pas m’imposer une obligation de résultat à l’issue de ces mois. Au final, j’ai l’impression que, consciemment ou inconsciemment, certaines choses sont venues d’elle-mêmes, avec ou sans reponses…
Plus que lors de tous mes précédents séjours, ces 3 mois m’ont également permis de nouer de nombreux contacts avec d’autres voyageurs. De Raul, Amandine, Judith en passant par Olaf, Jerome et Aaron, j’espère réussir à garder le contact. Profils et cultures différents mais spontanéité et sincérité des échanges. Que ce soit le temps d’une soirée ou d’une semaine, les moments partagés le sont loin des préoccupations habituelles de notre quotidien, les rendant uniques et intenses.
Outre tout cela et pour éviter de tomber dans un égo-mélodramatisme tant flamboyant que larmoyant, partageons quelques enseignements tirés de ces trois mois :
- Ne jamais au grand jamais écouter 21 fois de suite An End Has A Start des Editors lors d’un bref moment de blues à Ushuaia. Ca n’aide vraiment pas ;
- Dans la même veine, éviter la chanson Ironic d’Alanis au décollage de votre Boeing 777-300, ou alors en zappant l’histoire du petit vieux qui prend l’avion pour la première fois. Ce dernier se crashe… Ironique ? ;
- Ne jamais sous estimer l’absence de puissance des chasses d’eau chiliennes et l’étroitesse du coude d’évacuation ! En sus, toujours vérifier que la chasse d’eau fonctionne avant de vous installer. Sans commentaires supplémentaires, les plus scatos d’entre vous pourront disposer de détails complémentaires sur simple demande et après quelques Triple Karmeliet ;
- Changer de chaussettes après deux semaines. Passé ce délai, l’odeur devient carrément insupportable et leur retrait ressemble à une épilation à la cire ;
- Ne jamais regarder les émissions suivantes : The Fist Of Zen (rien de porno, je vous rassure, juste de la connerie à l’état pur), The Girls of the Playboy Mansion (idem, en comparaison, Des chiffres et des lettres représentent un comble de l’érotisme), QE, Child Star Confidential, Keeping Up With The Kardishians, Exposed,… La chaîne câblée Tinovelas est à proscrire par dessus tout… ;
- Ne jamais tout miser sur un McDo à l’approche d’une grande ville. Au plus on cherche, au moins on le trouve… ;
- Subséquemment, la mousse au chocolat ne doit pas devenir une obsession lorsque vous cherchez un endroit pour vous sustenter. Si vous deviez en arriver à un tel point de détresse, la première forme de traitement consiste à arrêter de feuilleter le menu en commençant par la section dessert ;
- Le corps humain est ainsi fait qu’il est tout bonnement impossible de faire une overdose de pizzas et de Yogs… ;
- Quand vous achetez un billet d’avion, n’oubliez pas de regarder le retour. Le prix est important, mais les 11 heures d’escale à DC risquent de vous valoir quelques séances de thérapies au retour. Un aéroport américain, c’est sympa un moment, en sortir, c’est mieux !
Comme vous le constaterez, ça a carburé sec pendant 90 jours et en suivant ces quelques recommandations, votre vie sera encore plus belle !
Allez sur ce, ça y est, il est rentré !!! On se voit fin de la semaine pour certain(e)s, et le plus tôt possible pour les autres !!!
Un rapide message tant que ma memoire est fraiche et non encore alteree par les 16h de bus qui m’attendent cet apres-midi et cette nuit…
Comme annonce precedemment, c’est ce mercredi que j’ai effectue ma visite de l’Isla del Sol, dont la partie Nord est situee a 2h en bateau de Copacabana (en tenant compte que je marche probablement plus vite que le bateau, la distance n’est pas faramineuse…).
En posant le pied sur l’ile vers 10h30 du matin, je retrouve des sensations plus ou moins similaires a celles eprouvees lors de ma visite a l’ile de Taquile en 2000. Les iles du lac Titicaca semblent posseder ce charme totalement magique des lieux preserves du temps, de la turpitude du monde moderne, ou le touriste a l’impression de se plonger dans le passe et de se retrouver face a des communautes qui vivent selon des rites bien etablis depuis des siecles et des siecles.
La visite de l’ile commence par un rapide passage au musee local. Notre guide Francisco nous emmene ensuite dans la partie Nord pour visiter differents sites utilises par les Incas. Table de sacrifice (jeunes vierges dont le coeur etait arrache en guise d’offrande au Dieu soleil), pierre sacree,… peuplent le rapide tour que nous effectuons. L’altitude n’est pas trop taxante et en exceptant les quelques montees qui parsement le trajet, mes poumons semblent tenir le coup a un peu plus de 3800 metres.
Une fois la visite terminee, nous avons le choix : retourner a notre point de depart et reprendre le bateau pour la partie Sud de l’ile ou rejoindre cette partie en suivant un sentier longeant les cimes de l’ile. Va pour la deuxieme option. La balade doit durer trois heures, et est l’occasion de profiter des paysages qu’offre l’ile.
La balade est agreable, le soleil m’inflige quelques brulures et je suis heureux d’avoir fait une bonne provision d’eau.
Durant cette journee cependant, j’ai pu me rendre compte de maniere plus directe des effets pervers que le tourisme pouvait avoir sur des communautes isolees. Il m’est arrive de penser a de nombreuses reprises a la notion de tourisme « ethique », et de la maniere dont cette ressource generatrice de revenu pourrait etre utilisee afin de participer au developpement de zones rurales possedant un interet touristique quelconque. Faire loger un touriste chez l’habitant dans un village isole, lui permettant ainsi de s’impregner de la culture locale et offrant a son hote un revenu qu’il n’aurait pas autrement tout en lui permettant de se confronter a une culture differente, permettre a un touriste de poser les pieds sur l’Isla del Sol ou l’ile de Taquile, le faisant penetrer dans ce qui semble etre une oasis de tranquilite en comparaison a ce qu’il vit quotidiennement et offrant ainsi a la communaute des revenus complementaires a leur activite principale,…
L’Isla del Sol compte 2500 habitants, repartis entre le Nord et le Sud de l’ile (schema belge ?). La ressource principale provient de l’agriculture. Quelques hostels et restaurants sont presents, permettant aux touristes desireux de profiter du calme et de la magie de l’ile loin des hordes de visiteurs d’un jour. Autant dire que la population de l’ile semble vivre en vase clos, ne se deplacant sur le continent que rarement.
Lors de notre marche du Nord au Sud de l’ile, nous avons du franchir un poste de controle separant les deux parties de l’ile. Une taxe de passage fut demandee a l’ensemble des touristes. Pour ma part, je refusai de payer la premiere fois, le facies de mes controleurs ne m’inspirant pas confiance et le montant exige me paraissant en inadequation totale avec le cadre dans lequel j’evoluais. Une bonne demi-heure plus tard, un autre controle, et une nouvelle demande de taxe a payer pour pouvoir passer. Quatre touristes y sont arretes. Ils ont paye au premier poste, et ne veulent pas payer une seconde fois (reaction logique s’il en est). Le couple Allemand avec qui je voyage depuis Uyuni fait partie des recalcitrants et abuses touristes. Apres moultes palabres, il s’avere que le ticket achete au premier poste est un faux, une escroquerie mise en place par certains habitants de l’ile pour extorquer quelques deniers supplementaires aux visiteurs.
Dans le meme temps, les enfants presents sur l’ile ont la facheuse tendance a quemander photographies, argent, de maniere excessivement insistante… Ils n’hesitent pas a plonger leurs mains dans les sacs de provision des touristes, a la recherche de cookies et autres delicatesses, et quelques gestes insultants repondent souvent au refus des touristes.
A mes yeux, ces deux phenomenes ont illustre de maniere forte les effets pervers que le tourisme pouvait provoquer au niveau tres local. En regle generale, les touristes sont souvent percus comme des portefeuilles ambulants, mais la technique d’approche est differente et beaucoup plus douce. Dans le cas present, j’estime que la presence de touriste au sein de ces communautes doit s’accompagner d’un plan d’education, tant des enfants que des adultes. La presence des touristes doit resulter d’une volonte des habitants et non de l’imposition de quelques tour operators qui voient clairement le potentiel economique qu’ils peuvent tirer de l’endroit. Dans un meme temps, il est egalement primordial que nous, touristes, gardions a l’esprit la chance que nous avons de pouvoir nous rendre dans ces endroits et agissions ainsi en consequence ! Loin de penser que je suis le touriste parfait, loin de la, il m’a ete donne de voir certaines choses durant mon sejour dont je ne reviens toujours pas (suis peut etre trop obtu). Le touriste a egalement besoin d’etre eduque !
Si ces communautes ne veulent pas perdre leur ame en la vendant au diable touristico-economique, elles ont interet a prendre des mesures rapidement. Je n’ose pas imaginer le futur de l’Isla del Sol dans 10 ans, lorsque les enfants qui auront vu leurs parents arnaquer les touristes en leur vendant de faux tickets et apres avoir eux-memes farfouiller dans les sacs des touristes accueilleront le sourire aux levres les pigeons d’un jour…
… ou quand la commune de Lessines devient le plus grand spot de ski indoor du monde !
Finis les Emirats et leur folie des grandeurs, leurs projets démentiels qu’eux seuls peuvent se payer. Finies les longues heures d’avion pour se rendre dans le désert et attraper la crève quand il fait 45 degrés dehors et -2 °C sous le ski dôme de Dubai. Finis les centaines de kilomètres en voiture pour se retrouver entouré de russes et de danois en folie dans les cages à poules des stations françaises…
A partir de 2010, les ptits belges et leurs amis des pays limitrophes pourront venir s’éclater dans les belles carrières de porphyres de la commune de Lessines. Pour un investissement de « seulement » 86 millions d’€, trois carrières seront vidées de leur eau (5 millions de mètres cubes…) et entièrement aménagées pour permettre aux fanas de la glisse de s’éclater sur pas moins de 100.000 m² de neige toute fraîche, et sur des pistes dont la longueur variera de 150 à 800 mètres.
Quand on sait que ce projet est issus du rêve d’un athois, architecte de son état, on peut se dire qu’il convient de ne jamais les abandonner .
Perso, je me demande si nous avons vraiment besoin d’assouvir ce genres d’envies. Je ne doute pas qu’à terme, le projet sera plus que rentable (les estimations feraient mention de 650.000 visiteurs la première année, et de plus d’un million la troisième – les frais seront vite couverts à ce train là) et qu’il sera générateur d’emplois pour toute la région. Mais foutre 86 millions d’€ dans l’aménagement de trois carrières pour permettre aux gens de skier, ça me titille (serait-ce parce que je ne suis pas un fervent skieur-snowboarder ?)…
Enfin qui sait, la famille Royale aura peut-être bientôt son premier Airbus A380 rien que pour elle au rythme où vont les choses…
(attention : d’une part, je ne me suis pas attaché à potasser toutes les éventuelles répercussions environnementales liées au développement du projet, à l’impact sur les communes avoisinantes qui devront absorber le trafic généré par l’ »attraction »,… D’autre part, il est clair que si ce projet fonctionne, il contribuera certainement à améliorer l’économie de la région, les répercussions économico-sociales seront probablement indéniables… Je ne fais part que d’un avis totalement subjectif sur la question, dénué d’une réflexion profonde et d’une analyse minutieuse… L’ampleur des moyens et la finalité du projet me paraissent seulement disproportionnées et non pertinentes…).