Telle est la question du moment.
Depuis déjà quelques années, nos amis ricains ont la chance de pouvoir faire joujou avec le Kindle, ce livre électronique développé par Amazon. Stockant un nombre impressionnant d’ouvrages, ce petit appareil offre également la possibilité de les télécharger quasi instantanément 24/24, 7/7 via leur Kindle Book Store (+ de 200.000 références, principalement anglophones). Grande nouvelle de la deuxième partie de ce mois d’octobre, le Kindle déboule dans une centaine de pays, dont la Belgique.
Parallèlement au Kindle, Sony a lancé son PRS-600. Même principe, on télécharge ses ebooks quand on veut et où on veut. Grand avantage : là où le Kindle se nourrit uniquement de ce que vend Amazon, Sony joue la carte de l’ouverture en traitant différents types de fichiers (EPUB, PDF, DOC, TXT,…) et donne ainsi à l’heureux propriétaire du PRS le choix de s’approvisionner où bon lui semble, chez Sony, Google ou autre.
Sachant cela, et après un rapide tour sur le site de la Fnac, je me suis rendu compte qu’une partie de notre littérature francophone était dorénavant disponible. Trouvant l’objet séduisant tant par le fait qu’il permet de se balader tranquillement avec une dizaine de bouquins sous le coude et ayant peut-être un vieux réflexe écologique (j’ai tendance à croire que la production d’un ebook doit quand même moins polluer que l’impression, la distribution et le recyclage des centaines de bouquins que l’on peut y stocker), j’ai commencé a regarder les prix des ouvrages disponibles, en me disant que forcément, et à l’image de la musique, ils seraient moins chers que leurs homologues papiers.
Et bien non, que nenni. Un exemple flagrant sur le site de la FNAC : le dernier Grange « La Forêt des Mânes » coûte 21,76 € pour la version sentant bon l’Amazonie, brochée et roulée sous l’aisselle. La version électronique quant à elle revient à… 20,50 € ! Pour une version faite de 0 et de 1…
Je suis persuadé que le monde de l’édition francophone est un milieu particulièrement difficile. Il faut être à même de produire une bonne dose de bestsellers pour se permette de récupérer les « erreurs » de publication ou les oeuvres un peu plus pointues et qui ne rencontreront qu’un lectorat restreint. Mais j’ai quand même du mal à comprendre la quasi absence de différence entre les deux versions d’un même ouvrage, surtout quand la deuxième me semble beaucoup moins vorace en termes de coûts de production et de diffusion…
Personnellement, ces pratiques tarifaires ne me donnent plus vraiment envie d’acheter ce type d’objet, alors que je reste intimement convaincu de leur utilité et du fait qu’ils représentent une révolution dans la manière de diffuser et de consommer les livres.
Cela fait des années maintenant que l’on nous rabâche les oreilles sur comment l’industrie du disque n’a pas su s’ajuster au numérique. J’ai l’impression que si l’industrie du livre ne se penche pas un peu plus sur la question, on risque rapidement de se retrouver dans une situation similaire mais avec des dégâts beaucoup plus importants sur la qualité de la production et l’étendue de l’offre…