Kruger, Paul Kruger

4h du matin. 4h… Ca reste toujours rude, surtout après les quelques heures de voyage des derniers jours. On émerge tout doucement et après une rapide douche et un petit déjeuner sur le pouce, Dylan, notre guide du jour, arrête sa jeep devant l’entrée du lodge à 5h pétantes.

La météo est loin d’être clémente en ce mardi matin. Ciel couvert, il fait frais et on sait déjà que nous risquons de nous faire copieusement arroser pendant la journée. Heureusement, la jeep est ouverte sur les côtés mais bâchée on top et nous recevons de jolis ponchos assez chaud histoire de ne pas prendre froid. Après un rapide oubli d’appareil photo pour ma part (toujours bien quand il y a un timing à respecter), nous nous dirigeons vers la Crocodile Gate en prenant d’autres passagers en chemin. Nous serons 10 à partager cette journée, tous munis de nos appareils et de nos jumelles, espérant voir un maximum d’animaux. Niveau météo, c’est du jamais vu et cela fait trois ans qu’il n’a pas fait aussi mauvais dans la région. Une aubaine pour les habitants du parc et la végétation qui, en seulement quelques jours, a déjà pu retrouver l’air libre. Nous le verrons plus tard mais même si ces conditions ne sont pas des plus agréables pour les touristes que nous sommes, elles feront un bien fou à la faune et à la flore locale (on se console comme on peut)…

L’entrée dans le parc n’est qu’une simple formalité et peu après 6h, nous voilà sur la piste Sud du parc. N’étant pas un grand amateur de la nature dans son état sauvage (un passage à Pairi Daiza me convient souvent amplement), je ne sais pas trop à quoi m’attendre et crains que la journée ne soit longue.

Mais après quelques centaines de mètres à peine, les premières girafes font leur apparition, suivie de près par un hippopotame solitaire, juste avant que Dylan n’aperçoive au loin une meute de hyènes que nous rejoindrons rapidement après un u-turn fort bien exécuté.

Ca mitraille dans tous les sens, ça scrute, ça cherche, ça s’interroge et notre guide se fait prolixe, nous livrant moultes anecdotes sur la vie dans le parc, les moeurs des animaux croisés, les espoirs que nous pouvons entretenir quand à l’observation des plus rares,… Marie est déjà conquise et il ne m’en faut pas plus pour que je sois au taquet et prenne un plaisir conséquent à l’expédition. Cela ne s’appelle pas un Game drive pour rien, le jeu étant de pouvoir observer un maximum d’animaux le temps du drive.

Malgré l’heure encore matinale, Dylan nous balade au rythme des pistes et nous croisons une faune variée : lionnes, gazelles, rhinocéros, buffles, kudus,… L’heure du petit déjeuner se rapproche mais nous avons déjà l’impression d’avoir assisté à un spectacle grandiose. La pluie tombe dru par moment, nous rafraîchissant en permanence, il fait 18 degrés mais confortablement installé, la gêne occasionnée est relative.

Vers 9h du matin, premier arrêt de la journée au Lower Sabie Camp pour le vrai petit déjeuner. Le Camp, outre les hébergements, propose un deck d’observation donnant sur la Sabie River ainsi que différents espaces de restauration. Le temps de prendre un café, d’observer une multitude d’hippopotames se prélassant sur les berges ainsi qu’un petit phacochère qui semble perdu au milieu de tout ce beau monde, nous rejoignons Dylan qui en a profité pour préparer un English Breakfast de compétition non loin du parking. Muni de sa bonbonne de gaz, oeuf, bacon, toast,… sont préparés avec dextérité pour nous caler pour le reste de l’aventure.

Une fois le tout ingurgité, nous reprenons la route et le spectacle continue de plus belle lorsque nous apercevons un attroupement de véhicules non loin d’un arbre. Il ne faut que quelques secondes à Dylan pour repérer une antilope accrochée dans les hauteurs, proie malheureuse d’un léopard qui, agissant de la sorte, protège son futur lunch d’autres éventuels prédateurs. Malheureusement pour nous, l’assassin ne semble plus être dans les parages et, à moins de le croiser lorsqu’il aura envie de casser la croute, il est peu probable que nous pourrons l’apercevoir avant la fin de la journée. Qu’à cela ne tienne, nous reviendrons régulièrement dans le coin mais sans avoir la chance de l’observer…

Poursuivant notre route sur les pistes du parc, nous croisons trois éléphants qui testent leurs limites entre eux. Intimidation, joute de trompes et de défenses, Dylan nous explique que c’est ainsi qu’ils font leur éducation et apprennent le vivre ensemble. Les troncs littéralement défoncés que nous apercevons de temps à autre le long de la route sont une autre illustration de cet apprentissage, pour le moins intense. Cette partie de la journée nous offre également son lot de girafes (dont une particulièrement à l’aise et gambadant gaiement au milieu de la piste), d’aigles, de vautours, d’antilopes (elles sont littéralement partout !), de crocodiles… 

A ce stade de la journée, nous avons déjà aperçu 4 des Big 5 et l’espoir de pouvoir ne fut-ce qu’entrevoir un léopard est toujours présent. Les cerveaux sont conditionnés, les jumelles de sortie et tout le monde se tient prêt. Au final, il n’en sera rien. Comme le relativise si bien Dylan, les Games contiennent une bonne dose de chance. Les animaux étant en liberté, il est impossible de prédire où ils se trouveront le jour d’après et il arrive d’en croiser deux sur une journée pour ne plus en voir les deux semaines suivantes. Tant pis, nous reviendrons !

Avant de clôturer la journée, nous effectuons un dernier arrêt à Lower Sabie, pour un lunch tardif. Pour une fois, un restaurant bondé de touriste sert une nourriture correcte à des prix décents et se sustenter fait du bien. Quelques minutes après notre installation, plusieurs personnes commencent à observer la toiture du restaurant et plus particulièrement la poutre de soutien. En y regardant de plus près, une forme blanche semble se glisser le long de la structure, doucement mais surement. Le verdict tombe rapidement : il s’agirait d’un Black Mamba qui, par l’odeur alléchée, a décidé de faire un tour à 8 mètres de hauteur, survolant l’ensemble de la salle de restaurant. Certains s’en amusent, d’autres évacuent leur table. Plutôt impressionnant quand on sait que la bestiole est parmi les plus dangereuses du parc…

Sur le retour, quelques éclaircies font leur apparition et c’est passablement fourbus que nous retrouvons le lodge. La journée, et si l’on met de côté les conditions climatiques peu clémentes, fut splendide. L’occasion d’observer mais aussi de constater la cohabitation somme toute paisible qui existe entre toutes les espèces peuplant le parc… Les commentaires de Dylan furent nombreux, instructifs, passionnants, ajoutant une dimension particulière au Game.

Au lodge, la soirée sera calme autour, à nouveau, d’un excellent repas. Nous partageons nos impressions à la table commune et approfondissons légèrement nos entretiens avec Denis. Le Needles est vraiment un lieu à part et il n’est pas étonnant de constater que de nombreux guests sont là pour plusieurs jours.

Pour nous, et après deux nuits, il est déjà temps de rejoindre Johannesburg le temps d’une soirée avant de prendre notre vol vers Cape Town…

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