Note : ★★★★☆
Un disque de seuils, plus que de slogans
A Hum of Maybe ressemble moins à un retour qu’à une reprise de souffle. Sascha Ring fait de l’entre-deux sa matière principale : des morceaux qui flottent, qui approchent une émotion puis la laissent vibrer, sans chercher la formule définitive. Le titre dit bien ce qu’il faut savoir, une rumeur intérieure, pas un manifeste.
La production, aérienne mais charnelle
Ce qui frappe, c’est la façon dont l’album mélange la précision électronique et des textures plus organiques. Les synthés ont ce grain absorbant typique d’Apparat, mais ils sont souvent tenus par des instruments acoustiques qui apportent du poids et du relief, plutôt que du vernis. On est loin d’un disque purement club, et loin aussi d’une ambient décorative. Il y a du rythme, mais rarement de l’attaque. Plus souvent une propulsion douce, un mouvement continu.
Des morceaux qui se distinguent sans tubes forcés
L’ouverture avec Glimmerine installe immédiatement cette élégance mélancolique. A Slow Collision est plus direct, presque pop dans sa manière de tenir une tension simple. Tilth apporte une densité vocale qui change l’axe du disque, plus sensuelle, plus trouble. An Echo Skips A Name fonctionne comme un centre de gravité, un titre qui donne envie de remettre l’album depuis le début une fois terminé.
Sur la seconde moitié, Williamsburg assume une forme plus fragile, plus intime, tandis que Pieces, Falling ramène une nervosité électronique qui rappelle que Ring n’a jamais complètement lâché ses réflexes IDM.
Ce qui peut laisser un peu à distance
Le disque est cohérent, parfois au prix d’une certaine uniformité émotionnelle. Plusieurs titres vivent dans une palette proche, même quand l’arrangement change. C’est un album qui s’apprécie sur la durée, mais qui demande une écoute attentive, plutôt qu’une consommation par extraits. Si l’on attend des refrains qui claquent ou des virages spectaculaires, la montée paraîtra volontairement sage.
Verdict
A Hum of Maybe est un très bon Apparat, dense et maîtrisé, plus tactile qu’il n’y paraît. Il vise l’endurance plus que l’impact immédiat, et il y arrive grâce à une production fine et un sens rare de la nuance. 4/5, parce que l’album tient une atmosphère solide et laisse une trace, même s’il manque parfois d’un morceau vraiment irrésistible qui ferait basculer l’ensemble dans le grand disque évident.
