Le Corpo Santo occupe un bâtiment historique du Cais do Sodré, à Lisbonne. Cinq étoiles, 75 chambres et 8 suites, des vestiges médiévaux dans les sous-sols. Sur le papier, ça ressemble à beaucoup d’hôtels de charme européens. En pratique, c’est autre chose.
Le staff
C’est probablement ce qu’on retient en premier, et ce qu’on mentionne en dernier en partant : parce qu’on ne veut pas que ça sonne convenu. Mais il faut le dire : l’équipe du Corpo Santo est remarquable. Pas dans le registre du palace guindé où l’on vous appelle « Monsieur » toutes les trente secondes. Plutôt dans celui du voisin très compétent qui se trouve aussi être aux petits soins.
Le concierge réserve un restaurant sans qu’on ait à le relancer. La réception organise un taxi, une recommandation de tasca, sans friction, sans attente.
Le petit-déjeuner
Servi au Porter Bistro, au rez-de-chaussée. Le format a évolué : plus de buffet, mais un service à table. On commence par un cappuccino (ou un jus frais, la sélection change), puis arrivent une assiette de fruits, une planche de charcuteries et fromages, et un panier de viennoiseries, avec un pain spécial différent chaque matin, des mini-biscuits, des pains au chocolat.
Ensuite, la carte : œufs brouillés, saucisse, champignons, mais aussi french toast caramélisé servi avec fraises et bananes, ou maçã assada – des pommes rôties aux noix. Les options végétariennes et vegan sont là sans qu’on ait besoin de les réclamer. On peut redemander, se resservir, prendre son temps. La salle donne sur la rue, la lumière du matin entre bien. C’est copieux, frais, et bien exécuté : le genre de petit-déjeuner qui rend le déjeuner optionnel.
Les chambres
Spacieuses, calmes, contemporaines. La literie est bonne – un point qui paraît basique mais qui, à Lisbonne où beaucoup d’hôtels de charme sacrifient le confort au décor, a son importance. L’insonorisation est solide, ce qui dans un quartier aussi vivant que le Cais do Sodré n’est pas anodin.
Chaque chambre dispose d’un minibar offert – bières, sodas, eau – réapprovisionné quotidiennement par le ménage. Machine Nespresso, coffre, peignoirs et chaussons, TV grand écran. Les cinq étages sont décorés selon des thématiques de continents différents, avec des papiers peints et des ambiances olfactives distinctes (café, cannelle,…).
Et puis il y a la douche. Un système de chromothérapie qui projette des lumières colorées et diffuse de la musique pendant qu’on se lave. Déroutant la première fois. Agréable ensuite. Pas indispensable, mais c’est le genre de détail qui montre qu’on a réfléchi au-delà du strict nécessaire.
Grignoter partout, tout le temps
C’est peut-être le trait le plus distinctif du Corpo Santo : on ne peut pas avoir faim dans cet hôtel. À la réception, dans le lobby, à toute heure : fruits frais, pâtisseries, bonbons, eau. Le ménage dépose aussi des petites attentions dans la chambre : gâteaux de morue, fromage, cookies au chocolat.
Ce n’est pas du luxe tapageur. C’est une accumulation de gestes simples qui, mis bout à bout, donnent le sentiment qu’on s’occupe de vous sans que vous ayez rien demandé. La différence entre un hôtel correct et un hôtel où l’on se sent bien tient souvent à ce genre de choses.
La localisation
Le Corpo Santo est sur le Largo do Corpo Santo, dans le Cais do Sodré, à deux minutes à pied du Tage et à une courte marche de la Praça do Comércio. La gare de Cais do Sodré est à cinq minutes, le tramway et les bus passent devant la porte. Le château São Jorge est à vingt minutes de marche, le Belcanto de José Avelino à cinq.
Le quartier est vivant sans être épuisant. Restaurants, bars à vin, le Time Out Market de la Ribeira, tout est accessible. On sort, on marche, on revient. L’hôtel propose aussi un tour guidé gratuit de la ville par jour, d’environ deux heures et demie.
Un détail appréciable : des bouteilles d’eau gratuites à emporter à la réception avant de partir explorer. Petit geste, grand confort quand il fait 35 degrés et qu’on remonte les ruelles de l’Alfama.
Le spa
L’espace bien-être propose sauna, hammam, jacuzzi, et une salle d’halothérapie – cette technique de micro-particules de sel en suspension, bonne pour les voies respiratoires, qu’on trouve plus souvent dans les établissements thermaux que dans un hôtel de ville. L’ensemble est complété par une salle de fitness et des cabines de soins.
Ailleurs dans l’hôtel, les sous-sols abritent les vestiges de la muraille fernandine du XIVe siècle, construite par le roi Dom Fernando pour repousser les Castillans. La Sala Fernandina, la pièce qui expose ce pan de mur, sert aussi de salon de lecture avec bibliothèque. On peut y descendre avec un verre de vin et un livre. L’endroit a du caractère.
En résumé
Le Corpo Santo fonctionne parce qu’il ne cherche pas à impressionner. Le bâtiment est beau, les chambres confortables, la localisation excellente. Mais ce qui fait la différence, c’est la cohérence de l’ensemble, c’est une façon de recevoir.
C’est un hôtel où l’on dort bien, où l’on mange bien le matin, où l’on se sent considéré sans être materné. Dans une ville qui n’en manque pas, c’est l’une des adresses qui justifient le retour.
Corpo Santo Lisbon Historical Hotel Largo do Corpo Santo 25, 1200-129 Lisboa, Portugal ★★★★★ | Traveler’s Choice
